BULLETIN ENCOD 19

LE BULLETIN D’ENCOD SUR LA POLITIQUE DES DROGUES EN
EUROPE
Numéro 19 Juillet 2006
Une stratégie pour une Europe sans guerre aux drogues
« La lutte contre les drogues est efficace, nous contrôlons dans le monde entier la
question des drogues » rapporte le directeur de l’UNODC (Bureau des Nations-Unis
des drogues et du crime), Antonio Maria Costa, face á la presse le 26 juin, journée
internationale contre les abus des drogues. Costa va continuer á répéter ces
mêmes propos les 2 prochaines années dans l’espoir de cacher les dégâts de « la
stratégie de diminuer dans une proportion visible l’offre et la demande des drogues
pour 2008″ comme cela a été convenu lors de l’UNGASS á New York. Que
pouvons-nous faire, en tant que réseau européen de citoyens souhaitant une
politique des drogues juste et efficace, pour éviter ce scénario?
La réponse á cette question était le point important de l’agenda de l’assemblée
générale d’ENCOD, qui a eut lieue á Anvers du 23 au 25 juin. Vu le fait que les
conditions de travail d’ENCOD sont encore et toujours très loin d’être satisfaisantes,
les 29 participants (venus de 13 pays) ont en conclu lors de l’assemblée qu’il n’y
avait aucune raison de désespérer. Au cours des prochaines années á venir, nous
aurons différentes chances concrètes d’orienter le débat vers une politique plus
fiable, juste et efficace, du moins en Europe. Nous devons saisir ces chances á
deux mains.
Tout d’abord, la commission européenne attends un commentaire á son Green
Paper (le papier vert) sur le rôle des citoyens dans le cadre de la politique des
drogues dans l’Union Européenne. Ce papier est une réflexion sur la manière dont
l’Union Européenne doit tenir compte des voix des citoyens dans le processus
décisionnel sur la politique des drogues. C’est la suite de la conférence sur ce thème
qui a eut lieue en janvier de cette année après plusieurs tentatives de plusieurs
associations dont ENCOD pour concrétiser ce dialogue. La date limite de ce
commentaire est fixée au 30 septembre. Comme plate-forme, nous préparons aussi
un Green Paper, qui va paraître avant cette date. Nous mentionnerons dedans nos
points de vue sur la manière d’avoir un dialogue sérieux avec les citoyens
européens.
Deuxièmement, l’ assemblée générale a décidé de créer des groupes de travail qui
dans les mois á venir vont élaborer différentes propositions pour la régulation du
marché des drogues. La première proposition vise un train de mesures avec des
directives pour les collectifs de consommateurs de cannabis qui veulent organiser
leurs propres cultures. En fonction des lois locales á chaque pays, ces collectifs
pourraient proposer á leur autorités d’autoriser un circuit fermé de la cultivation et de
la consommation du cannabis pour les membres majeurs de ces clubs, sans qu’il
soit question de trafic.
Ces initiatives sont les plus faciles á introduire dans les pays oú la cultivation pour
usage personnelle est autorisée. En Espagne, il y a déjá des Clubs Sociaux du
Cannabis actifs avec l’accord des autorités locales. En Belgique et en Suisse, on a
déjá lancés des initiatives équivalentes. Cependant, même dans les pays oú la
cultivation est interdite, il est possible que les autorités locales puissent être prêtes á
collaborer avec ces tentatives qui offrent une méthode permettant aux
consommateurs de cannabis d’éviter le recours au marché noir.
La seconde proposition pourrait contenir des directives globales pour les politiciens
sur un système de régulation de toutes les drogues dans le cas d’un scénario ou
celles-ci seraient légalisées. Cette idée se base sur les quatre piliers de la politique
suisse en matière de drogue en vigueur depuis 1994: réduction des risques,
prévention, santé publique et répression. Cette proposition, qui s’appuiera sur les
expériences et les connaissances d’éventuels membres d’ENCOD, pourrait être un
élément crucial de notre stratégie par rapport á la réunion des Nations Unies de
Vienne en 2008, oú la stratégie de l’UNGASS doit être réévaluée. Une première
version sera prête pour mars 2007.
Une troisième occasion de former une masse critique contre la prohibition des
drogues est la Conférence sur une politique alternative européenne de la question
des drogues, que ENCOD espère organiser á Bruxelles le 6 et 7 novembre 2006
avec la participation de deux groupes parlementaires européens. Nous réunirons
des autorités locales, des organisations de citoyens et des membres du Parlement
Européen pour analyser que les plus gros obstacles á une politique efficace qui
limite les risques et fait augmenter les avantages sont les traîtés internationaux.
Nous sommes conscients du fait que ENCOD, pour cette assemblée á Vienne, n’est
pas en mesure de contribuer á organiser le programme complet des activités. Au
cours de l’année á venir, nous allons chercher des partenaires, des organisations
européennes et non-européennes, qui sont prêtes á collaborer á l’organisation d’un
programme alternatif agréable qui devra attirer beaucoup de réformateurs de la
politique des drogues. Le programme se composera de conférences, mais
également d’un salon du chanvre et d’une manifestation.
En dernier point, l’assemblée générale a consacrée une session de lavage de
cerveau á la question de savoir si ENCOD doit faire de la politique ou non, peut-être
en participant aux élections du Parlement Européen de 2009. Il ressort que
beaucoup de membres d’ENCOD aient déjá eut des expériences en participants á
des élections, soit comme parti du cannabis, soit comme membre d’un parti
traditionnel. Nous avons décidé, en fonction de ce qui se passera en 2008, que
nous pouvions envisager au moins une coordination entre les initiatives locales, tant
que cela reste un avantage pour eux et pas un handicap pour d’autres acteurs qui
pourraient être pénalisés par notre décision.
Pour introduire cette stratégie, ENCOD a besoin rapidement de plus de membres et
de sponsors. Le montant dont ENCOD a aujourd’hui besoin pour avoir une bonne
base de travail est important mais n’est pas non plus impossible á réunir. A court
terme, nous espérons résoudre ce problème par une campagne d’aide financière
urgente.
Chaque membre d’ENCOD qui parraine un nouveau membre peut obtenir 10 % la
cotisation annuelle du nouveau membre. On demande aussi aux membres de
penser á ENCOD si ils contactent des VIP, ou s’ils organisent des événements de
charité ou des activités pour leurs propres organisations. A long terme, nous
pourrons nous-mêmes financer nos propres activités grâce á une imposition de 10
euros prélevée sur chaque kilo de cannabis produit par les Clubs Sociaux du
Cannabis qui dans un avenir proche vont émerger en Europe.
Par: Joep Oomen (traduction: Jules Sinturel)
www.encod.org

Source ENCOD